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Gestalt-thérapeute euphoniste

 Ces méthodes – et surtout leur état d’esprit –  s’harmonisent totalement bien avec ce que je comprends de la Gestalt-Thérapie – à minima la complémentent – dans cet autre «tout, différent de la somme des parties» que devient progressivement ma pratique.

     Il y a quelques années, la découverte de  l’ECHELLE DES NIVEAUX DE THERAPIE a notamment clarifié et élargi ma compréhension de ce qu’on nomme  les « échecs thérapeutiques », ces récurrences qui n’en finissent pas de se manifester, sous la même forme ou sous une autre. Ceci autant en tant qu’accompagnatrice qu’en tant qu’accompagnée, puisque les thérapeutes ne sont (heureusement) pas mieux lotis que les autres (mais doivent œuvrer  à bien vivre « avec ».  Ou « sans » !)

     Bien entendu les résistances psychologiques du thérapeute ou/et du patient peuvent toujours être ici en cause, ou une relation thérapeutique qui ne fonctionne pas, pour x raisons. La supervision pourra le plus souvent être grandement aidante. Mais parfois, ça patine.

     Déjà, en travaillant dans un service hospitalier de neurologie il y a bien longtemps, j’avais été profondément touchée de découvrir certaines personnes vainement psychiatrisées depuis des années pour un état dépressif ou anxieux, dont le problème s’avérait en fait d’ordre neurologique. Et le traitement neurologique avait alors un effet clinique quasi miraculeux. Chacun connaît aussi au moins une personne  dont l’état psychique a radicalement changé après qu’une maladie métabolique ou un désordre hormonal ait été traité, alors qu’elle se vivait par exemple comme dépressive et était traitée dans ce sens. Bien sûr, on connaît aussi très souvent l’inverse : une démarche psychothérapeutique ou psychocorporelle entrainant des améliorations de tous ordres. Etc.

     Plus tard, à travers les quelques unes des branches du Samadeva thérapeutique  que j’ai expérimentées sur moi-même et auxquelles je me suis formée ou à minima sensibilisée, j’ai découvert  que par exemple une microluxation d’une articulation ou de la colonne vertébrale, même passant inaperçue, ou une cicatrice, pouvaient elles aussi  – en perturbant la circulation énergétique – entrainer un état dépressif, ou anxieux. Que de la nourriture ou de la posture pouvaient dépendre les états émotionnels.  Que nombre de nos difficultés étaient le plus souvent liées à des membres de nos lignées paternelles et maternelles que nous n’avions pas même connus.  Etc. Que si le problème n’était pas traité au bon niveau, ou à plusieurs niveaux – puisqu’il existe toujours un faisceau de causes –  on pouvait passer des années à essayer de le soigner, ou il ne faisait que se déplacer. Qu’un « mal est un bien qui n’est pas à sa place »…

     J’ai surtout compris qu’il s’agissait toujours d’euphoniser, d’équilibrer ses différents systèmes – physique, émotionnel, intellectuel, énergétique, systémique – pour aller vers un mieux être, c’est-à-dire de tendre à permettre  que « ça » circule  à nouveau harmonieusement dans chaque système, tous étant interdépendants.  Et donc,  même si le gestalt-thérapeute cherche déjà à aider la personne à rétablir le flux, le vivant, le créatif dans la relation à soi-même, aux autres, à son monde et au monde, il m’a semblé essentiel d’intégrer certaines des méthodes du Samadeva  dans ma pratique, au moins de toucher les niveaux PSYCHO-CORPORELENERGETIQUE et SYSTEMIQUE. Et surtout, j’ai fait mienne une façon de voir l’être humain – et sa souffrance, et sa façon d’entretenir sa souffrance, et la possibilité de se libérer de cette souffrance  ou de vivre plus harmonieusement avec elle –  aussi en utilisant ce que propose la PSYCHOLOGIE ESSENTIELLE.

     Selon Idris Lahore, « il existe, au-dessus du morcellement et de la fragmentation, un niveau où la synthèse thérapeutique devient possible, où l’éclectisme est un réel enrichissement, où les connaissances se croisent, se rejoignent, se complètent, où les techniques, tout en ayant des sources traditionnelles, deviennent révolutionnaires…» . Voilà mon aspiration ! Et mon inspiration…

     Pour le moment, je me reconnais  comme un peu hybride, une «gestalt-thérapeute euphoniste», qui travaille à devenir «les deux» plutôt que «ni vraiment l’une, ni vraiment l’autre » , même si chacun des outils utilisés  mériterait une vie  pour être maitrisé véritablement.  Mais n’ayant pas fini de me transformer –  je suis quand même toujours plus euphoniste qu’hier et moins que demain… et d’ailleurs aussi chaque jour un peu plus gestaltiste que la veille  ! –  je m’autorise à marquer cette identité. Et surtout – de la même façon que je me sens très reconnaissante à l’égard de celles et ceux qui m’ont initiée et formée à la Gestalt-thérapie, et en sympathie avec toute la communauté gestaltiste –  je souhaite honorer par cet ajout cette nouvelle affiliation :  à cette fontaine jaillissante qu’est le Samadeva, à celui grâce à qui nous pouvons y boire, et à tous ceux qui en vivent et en partagent les bienfaits.